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Des poids à pêche de la vallée de la Seine au lignite kimméridgien d'Angleterre



 

Les produits de dragages de Seine, en aval de Rouen (Seine-Maritime), ont livré de nombreux poids à pêche fabriqués en particulier dans des galets plats qui ont été percés de part en part. Une importante série en a été étudiée au Muséum du Havre. Ils servaient à lester les filets. De nombreux exemplaires en ont été recueillis dans les années 1960-1980, époque où le chenal de la Seine a été une nouvelle fois approfondi pour permettre à des navires de mer de tonnages plus importants de remonter le cours du fleuve. L’étude de leurs caractères –morphologie, emplacement de la perforation, mode du percement, dimensions, poids, nature des matériaux- permet de montrer qu’ils ont été fabriqués quasi essentiellement à partir de galets de formes et dimensions standardiséesSouvent attribués autrefois à l’époque néolithique, ils datent en fait des XIXe et début du XXe siècle, témoignant de pratiques halieutiques contemporaines. Un objet déterminé comme poids à pêche, conservé au Musée de la Marine de Caudebec-en-Caux, a été identifié comme un bracelet en cours de fabrication fabriqué en lignite originaire de Kimmeridge-Bay (Dorset), en Grande-Bretagne. Il témoigne de l’existence, dans la Normandie orientale, d’un atelier de production de ce type d’objets, à l’instar de celui, beaucoup plus important, d’Urville-Nacqueville dans le Cotentin. Il montre une fois de plus les relations existant entre la vallée de la Seine et la Grande-Bretagne aux temps protohistoriques, ici pendant la Tène moyenne ou finale.

 

Posté Le 19 févr. 2020